Rétrospective : Droits sociaux et du travail dans les politiques d'investissement

Regardez les vidéos de notre deuxième événement thématique organisé le 17 décembre 2024 à Bruxelles.

Le 17 décembre, Towards Sustainability a organisé une journée thématique à Bruxelles consacrée aux droits sociaux et aux droits humains dans l'investissement durable. Les droits sociaux constituent, depuis les années 1990, une pierre angulaire des critères d'exclusion dans les fonds durables. Ainsi, BACOB (aujourd'hui Belfius) a construit ses fonds sur des principes coopératifs et syndicaux. Lors de cet événement, des experts issus de divers secteurs ont partagé des stratégies visant à ancrer plus profondément la durabilité et la justice sociale dans le secteur financier.

Principes des Nations Unies et la force de la collaboration

Selim Boudhabhay, Responsible Investment Manager chez Principles for Responsible Investment (PRI), a expliqué comment les cadres soutenus par l'ONU aident les institutions financières à intégrer la durabilité dans leurs politiques. Représentant plus de 5 000 signataires et 128 billions de dollars d'actifs, le PRI s'appuie sur des lignes directrices établies telles que les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme et les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales — tous deux essentiels depuis 2011 pour évaluer les risques sociaux.

Boudhabhay a expliqué comment le pilier social de l'ESG évolue. Au-delà des droits du travail, il englobe désormais des enjeux tels que la protection des données et les préoccupations éthiques liées à l'IA. La quantification des indicateurs sociaux reste un défi, mais Boudhabhay a mis en avant Advance, une initiative de la PRI favorisant la collaboration entre investisseurs institutionnels pour promouvoir les droits humains. Cette plateforme cible 25 entreprises minières et 15 entreprises d'énergie renouvelable, toutes deux dépendantes des minéraux rares. « Dans la transition énergétique, nous devons éviter de répéter les erreurs de l'industrie des combustibles fossiles », a-t-il souligné.

Mise en œuvre pratique de la réglementation

Matthew Welch, spécialiste en investissement responsable chez Degroof Petercam AM, a expliqué comment des réglementations telles que la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD) et la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) incitent les entreprises à davantage de dialogue et d'adaptation. Il a souligné l'importance à la fois des exclusions ex ante (comme le filtrage normatif basé sur les lignes directrices de l'OCDE) et des exclusions ex post faisant suite à des controverses.

Welch a démontré comment les partenariats avec des ONG et des journalistes d'investigation peuvent affiner l'analyse. Par exemple, DPAM a fait appel à un journaliste pour mettre en lumière des controverses négligées par les fournisseurs de données ESG. « Les données ESG ne sont que le point de départ », a-t-il noté. « Grâce à un affinement ciblé et à la collaboration, nous pouvons créer un impact plus important. » L'engagement de DPAM s'étend également à l'organisation de dialogues entre entreprises, ONG et spécialistes sectoriels, allant au-delà de la simple analyse de données.

La dimension sociale : au cœur de l'ESG

Michael Herskovich, responsable mondial Stewardship chez BNP Paribas Asset Management, a souligné que la composante sociale constitue historiquement le fondement de l'ESG. Il a évoqué les « 3E » de BNP : Transition énergétique, Écosystèmes sains et Égalité, soulignant le rôle essentiel du dialogue avec les entreprises.
« Même une petite minorité d'actionnaires peut pousser les entreprises à changer », a observé Herskovich. Aux États-Unis, la simple menace d'une résolution d'actionnaires conduit souvent à des compromis avant même le vote. Il a cité des exemples montrant comment un engagement actif — par le dialogue ou des propositions conjointes — peut inciter les multinationales à traiter des enjeux sociaux.

Dilemmes éthiques et cohérence

Luc van Liedekerke, président de l'Eligibility Commission chez Towards Sustainability, a abordé les défis éthiques qui se posent lorsque certaines pratiques sont légales dans un pays mais contraires aux normes ESG. Matthew Welch a évoqué les limites des lois anti-boycott aux États-Unis, qui empêchent les fournisseurs de données ESG de recueillir des informations sur des régions sensibles telles que la Palestine ou le Sahara occidental. « Dans ces cas, nous devons nous appuyer sur des sources alternatives, comme les ONG et les journalistes d'investigation », a expliqué Welch.

Herskovich a souligné que la cohérence est essentielle. Si certaines entreprises peuvent être exclues, une exposition indirecte via des fonds indiciels peut subsister. Tom Van den Berghe, Managing Director de Towards Sustainability, a souligné que le label est de plus en plus appliqué aux activités de crédit et d'assurance, réduisant ainsi la contribution indirecte aux entreprises qui ne respectent pas les normes de durabilité.

Le dialogue est essentiel

L'engagement actif, la collaboration avec les ONG et l'application cohérente de lignes directrices sont essentiels pour protéger les droits sociaux et les droits du travail. Bien que des défis subsistent en matière de quantification des indicateurs sociaux, des initiatives telles que le PRI et Towards Sustainability démontrent que des progrès sont possibles. Selon Van Liedekerke, le dialogue intensif avec les entreprises — une caractéristique de la pratique anglo-saxonne — devrait être davantage ancré comme exigence pour le label.

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Luc Van Liedekerke, Président de la Commission d'éligibilité, Towards Sustainability

Regardez ci-dessous les vidéos des keynotes et de la table ronde.

 
 
 
 
 
 
 
 
Towards Sustainability 6 janvier 2025
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